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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Retranscription "mot à mot" RDK AOU 1 MID – LOUECKHOTE

Publié le 31 Juillet 2013 par Loueckhote Simon in Presse - Communiqués - Allocutions

Journaliste : Monsieur Loueckhote, bonjour, et merci d'être avec nous dans ce journal. Le Premier ministre est passé dans le pays. Ça vous a aussi marqué ?

Simon Loueckhote : Un Premier ministre, lorsqu'il passe quelque part, ça n'est pas banal, c'est quand même le Premier ministre de la France, la France est un grand pays. Celui-ci est venu ici dans le cadre d'une tournée qu'il a fait également en Asie, puisqu'il est allé en Corée, et après la Nouvelle-Calédonie, il est allé en Malaisie. De ce que j'ai pu comprendre également, en Corée, il y aura passé une journée, en Malaisie également, et il a passé trois jours en Nouvelle-Calédonie. Je veux dire que nous pouvons que nous estimer heureux que le chef du gouvernement de la France ait consacré autant de temps à la Nouvelle-Calédonie. On ne peut pas considérer que ce voyage, les messages qu'il a délivrés en Nouvelle-Calédonie ne sont pas des messages qui sont vides de sens, bien au contraire. Chacun se souvient qu'il a confirmé l'implication de l'État dans le processus calédonien, la volonté de l'État d'honorer l'ensemble des engagements qu'il a pris lors des différents comités des signataires, mais les messages qui ont déjà été délivrés aux Calédoniens, que ce soit par l'actuel gouvernement, ou que ce soit par les gouvernements précédents, eh bien, l'État n'a qu'une seule parole, et tous ses engagements seront tenus. Je pense que c'est le plus important qu'il faille tenir et dire également que l'État jouera son rôle, non pas seulement d'arbitre, mais effectivement de partenaire, et j'ai cru comprendre qu'il voulait que l'État soit également le premier partenaire, en plus des deux autres, qu'il a rassuré les Calédoniens, mis en garde également à l'adresse des responsables politiques de la Nouvelle-Calédonie que si, d'aventure, ceux-ci n'honoraient pas leur signature et ne tenaient pas leurs engagements, l'État le fera à leur place. C'est le cas notamment concernant le référendum, celui-ci a été très clair : si en 2018, aucune décision n'était prise quant à l'organisation d'un référendum, l'État prendra ses responsabilités et l'organisera.

Journaliste : C'est écrit dans l'Accord de Nouméa, en tout cas.

Simon Loueckhote : Absolument, mais c'est pas impossible que les Calédoniens, demain, pour X raison, traînent un peu des pieds, enfin je parle des autorités calédoniennes, des responsables politiques traînent des pieds et ne veuillent pas honorer cet engagement qu'ils ont signé. Eh bien, l'État assumera sa responsabilité, c'est le message qu'a délivré le Premier ministre.

Journaliste : Cette année, c'est le 25e anniversaire des Accords de Matignon-Oudinot. Un petit mot ?

Simon Loueckhote : Comme je rappelais à toutes les tables-rondes auxquelles j'ai pu participer, dans le cadre de ces célébrations, que moi, j'étais tout jeune à l'époque, et donc, probablement qu'à cette époque-là, je mesurais pas tout à fait l'importance de ces Accords. Aujourd'hui, 25 ans après, on peut mesurer plus concrètement, et moi, j'ai pris un peu l'âge, je me suis assagi, si je puis dire. J'ai exercé un certain nombre de responsabilités et j'ai eu à toucher du doigt, dans la réalité, l'application de beaucoup de dispositifs et finalement de ce qui est prévu par les Accords de Matignon. Je peux aujourd'hui dire que c'était de très bons Accords et je ne peux, au moment où je dis tout cela, ne pas avoir une pensée, et pour Jacques Lafleur, qui a conduit les délégations du RPCR de l'époque, dont je faisais partie, pour aller négocier avec nos deux partenaires, l'État, mais également les indépendantistes, et bien évidemment, avoir une pensée très émue pour Jean-Marie Tjibaou qui conduisait celle des indépendantistes, mais également Yéwéné Yéwéné et toutes celles et tous ceux qui ne sont plus parmi nous aujourd'hui, mais qui ont activement contribué à ces négociations et puis à la signature de ces Accords de paix, concernant la Calédonie.

Journaliste : Nous sommes à quelques jours de l'élection du bureau et de la présidence du Congrès. La candidature de Monsieur Loueckhote est officiellement présentée ?

Simon Loueckhote : Depuis hier, oui, je l'ai officiellement présentée en la présence des soutiens que je vais avoir dans le cadre de cette élection. Il y avait, là, le Rassemblement qui était représenté par son président, bien entendu, il y avait l'Avenir ensemble, représenté par Isabelle Ohlen, il y avait Didier Leroux qui est absent de la Nouvelle-Calédonie, mais qui était représenté par l'un de ses proches, Grégoire Bernut notamment. À la réunion que nous avons organisée mardi dernier, il y avait des représentants du tout nouveau MPC de Gaël Yanno, qui sont venus dire qu'ils souhaitaient que nous puissions unis lors de cette élection. J'ai tout tenté pour que notre grande famille politique, nous puissions être unis, que nous puissions avoir une stratégie commune, et pour cette élection, que nous puissions avoir un seul et unique candidat, et puis malheureusement, certains n'ont pas daigné répondre à cette invitation, ont jugé bon de faire cavalier seul. C'est mon plus grand regret, c'est le regret de toutes celles et de tous ceux qui étaient avec moi, hier, à cette conférence de presse, nous le regrettons fortement, eh bien ma candidature, elle est aujourd'hui officielle et puis mes soutiens me demandent de me maintenir au premier, au deuxième et au troisième tour de cette élection.

Journaliste : Il y a un risque qu'un indépendantiste passe à la présidence !

Simon Loueckhote : Malheureusement, c'est le risque vers lequel nous allons. Pour autant, nous avons également expliqué pourquoi je présente ma candidature. Il faut bien comprendre que ma candidature n'est pas pour favoriser l'élection d'un indépendantiste au perchoir, si on peut utiliser ce terme générique. Ma candidature, c'est simplement une volonté de vouloir changer les choses à la tête du Congrès. Nous tirons le bilan de la présidence de l'actuel président comme étant un bilan qui n'est pas positif pour la Nouvelle-Calédonie. Lorsque, souvenez-vous bien, l'année dernière, au moment du renouvellement du Congrès, je mettais retirer à l'issue du second tour pour éviter l'élection du candidat indépendantiste, en l'occurrence Rock Wamytan, j'avais caressé le doux rêve que ce geste allait faire prendre conscience à notre partenaire, notamment Calédonie ensemble, qu'il était nécessaire que nous apaisions les choses entre nous, que nous nous retrouvions, que nous travaillons ensemble, que nous essayons de mettre en commun un certain nombre de points de vue sur la gestion des affaires publiques, sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, sur la répartition d'un certain nombre de responsabilités qui doivent nous échoir au titre de la répartition des responsabilités, entre les formations politiques au Congrès. Eh bien, nous avons malheureusement constaté que nous nous sommes complètement trompés dans ce souhait et que Calédonie ensemble a utilisé l'institution, les moyens de l'institution à son seul et unique profit, et c'est devenu, c'est pas mon point de vue à moi tout seul, ça n'est pas mon constat à moi tout seul, un moyen à la succursale du mouvement Calédonie ensemble. C'est pour cela, c'est pour toutes ces raisons que j'ai souhaité présenter ma candidature. L'autre raison, c'est que sur le plan économique, aujourd'hui, chacun sait que pointe le bout de son nez une crise qui risque d'être assez grave. Dans la presse de ce matin, à la Une, il y a à peu près 1500 licenciements dans une des grosses entreprises de la place. Nous savons que depuis l'année dernière, beaucoup d'emplois ont été supprimés, il y a donc besoin, d'abord, de stabilité politique pour donner un peu de lisibilité aux entrepreneurs, ceux qui créent des emplois. Nous avons besoin également d'être un peu plus proches du monde économique, de les soutenir et d'arrêter de les assassiner. Or, à quoi a-t-on assisté depuis ces derniers jours et qui va s'accentuer ? Des mesures, des délibérations, des lois du pays qui sont adoptées au Congrès, notamment du fait de Calédonie ensemble et qui ont pour seul et unique but d'assassiner, et j'utilise le mot volontairement "assassiner", les entreprises calédoniennes. Il ne faut jamais oublier qu'il y en a à peu près 35 mille, voire 36 mille, du petit patenté jusqu'à la très, très grosse entreprise. Aujourd'hui, les mesures qu'a fait adopter Calédonie ensemble, et souvent avec la complicité d'ailleurs des indépendantistes, viennent assassiner carrément le monde économique, et ça, c'est pas très bon. Pour ces raisons-là, je souhaite que les choses changent à la tête du Congrès, parce que je veux lui donner une autre dynamique. Ce sont les raisons essentielles de ma candidature.

Journaliste : Un indépendantiste au perchoir au Congrès, c'est aussi une façon de répartir les tâches au sein…

Simon Loueckhote : Pour le moment, on n'en est pas encore là. Mon objectif, ça n'est pas de donner la présidence à un indépendantiste. Mon objectif, en devenant président du Congrès, c'est pour changer les choses. Il faut que le Congrès, qui doit être la vigie du respect et la vigie du partage, la vigie du dialogue, il faut que le Congrès joue pleinement ce rôle. À un moment aussi crucial et à un moment aussi instable de la Nouvelle-Calédonie, il faut que le Congrès soit un peu le protecteur de chacune et de chacun, et notamment du monde économique qui, aujourd'hui, commence à pâtir de la situation économique qui n'est pas voulue par les Calédoniens, certes, parce que c'est une crise qui touche un peu le monde entier, mais qui impacte inévitablement la Nouvelle-Calédonie. Eh bien, il faut que le Congrès soit ce protecteur dont a besoin la Nouvelle-Calédonie, il faut lui faire jouer pleinement ce rôle. C'est l'objectif de ma candidature. Et je veux enlever ça de la tête de nos compatriotes, que ça n'est pas pour faire élire un indépendantiste à la tête de l'institution.

Journaliste : Nous sommes à une année des échéances électorales très importantes, certain disent que ces échéances, on a l'impression que c'est un épouvantail, qu'il fait peur aux gens et c'est pour ça qu'il y a cette crise, quelle est votre analyse ?

Simon Loueckhote : Ah mais, bien entendu, que l'approche d'élections, mais c'est pas nouveau, et ça n'est pas qu'en Nouvelle-Calédonie, partout ailleurs dans le monde. Lorsque l'on est dans des contextes comme celui que l'on connaît en Nouvelle-Calédonie, à l'approche d'échéances importantes, toujours on doute, on s'impatiente, on ne sait pas ce que demain sera fait. Le chef d'entreprise qui a une capacité d'investir, qui a une capacité d'aller emprunter et même la banque s'interrogent. Mais, ceux qui vont arriver l'année prochaine, à supposer que ceux qui sont, aujourd'hui, aux affaires ne soient plus dans les rouages, que vont-ils penser, ne vont-ils pas durcir les conditions économiques, la réglementation ? Tout ça, ça fait planer le doute. Sans compter que pour la Nouvelle-Calédonie, c'est encore un peu plus sensible, parce que l'on sait qu'à compter de 2014, à compter de ces élections, il peut y avoir un référendum, ou des référendums, si la majorité des trois cinquièmes du Congrès le demandait immédiatement après l'élection. Bien entendu, tout ça, ça laisse planer le doute. À supposer que les élus qui vont être élus par les Calédoniens, demain, demandent un référendum. Et si la réponse à ce référendum était, oui, à l'accession de l'indépendance, qu'est-ce que l'on va devenir, on se gratte la tête. Enfin, tout ça, ça n'est pas fait pour assainir la situation, ça n'est pas fait pour ouvrir et dégager l'horizon aux Calédoniens, et donc, tout ça fait qu'effectivement, on est dans la situation dans laquelle, aujourd'hui, une situation de crise, d'incertitudes, de doutes, d'instabilité, et je veux que la présidence du Congrès puisse jouer un rôle pour apaiser, pour donner davantage de lisibilité, de calme, et offrir, peut-être, un autre point de vue, et une autre perspective aux Calédoniens.

Journaliste : Et vous pensez qu'avec votre candidature, vous serez capable ?

Simon Loueckhote : 15 ans, j'ai présidé cette assemblée et tel que le Congrès existe aujourd'hui, j'ai participé à sa mise en place. Parce que je rappelle que le Congrès, tel qu'il existe aujourd'hui, date de 1999, et j'ai présidé le Congrès de 1999 à 2004 également, donc, je sais très, très bien comment ça fonctionne. J'ai 30 ans de vie politique derrière moi, j'ai 19 ans de vie parlementaire, je connais bien les acteurs politiques de la Nouvelle-Calédonie, je connais les tenants et les aboutissants des uns et des autres, de la situation politique, les perspectives des prochaines élections, ce que doivent attendre les Calédoniens de leurs élus. Je pense, je revendique la capacité de faire autre chose de cette institution.

Journaliste : Le mot de la fin ?

Simon Loueckhote : Eh bien, c'est beaucoup de confiance, parce que même s'il y a une mini-crise qui touche, aujourd'hui, la Nouvelle-Calédonie, les hommes et les femmes sont plein d'ambition, sont plein de ferveur, sont capables de beaucoup plus que l'on ne fait aujourd'hui, encore faut-il qu'il y ait un peu plus de stabilité, et je pense que nous pourrons nous en sortir.

Journaliste : Je vais vous proposer d'écouter la déclaration de la présidente de la province Sud, hier, lors de la conférence de presse, avec le budget supplémentaire :

 Cynthia Ligeard : On a tenu à ce que ce soit, véritablement, un budget supplémentaire, donc, un budget d'ajustement. Parce que, pour nous, c'était important que le budget primitif soit un budget sincère, ce qui a donc été le cas. Ce qui fait que les moyens qu'on dégage, là, sont consacrés pour l'essentiel, vous l'avez vu, à l'investissement. Et il y a très, très peu de dépenses rajoutées en fonctionnement, et on est véritablement dans un budget d'ajustement. Ensuite, les points forts, le logement, intervenir pour améliorer le pouvoir d'achat des Calédoniens, et ça, c'est la suppression des péages, et puis continuer l'effort en matière d'amélioration des infrastructures routières, parce que ça nous paraît très important, bon, on l'a vu encore, hier, avec tout le monde qui était bloqué. Depuis l'annonce de la suppression des péages, aussi bien à la Savexpress que, nous, ici, à la province, on a pas mal de questions qui reviennent. Des questions de la part de la population sur, comment ça va se passer, j'ai une carte, qu'est-ce que ça va devenir, etc., et puis combien ça va coûter aux contribuables ? Du coup, on a fait un petit flyer, avec les quelques questions qui reviennent le plus souvent et que nous distribuerons, vendredi après-midi, aux deux péages, de façon à pouvoir améliorer l'information des usagers. Parce que j'aimerais bien que les gens lisent notre petit flyer, il est très bien fait  et puis après, on reste à la disposition pour aller plus loin dans le détail s'il y a besoin de plus d'info. Et puis, moi, je reviendrai avec plaisir sur vos antennes respectives pour pouvoir rentrer dans le détail.

Journaliste : Il faut aussi rassurer les employés de la Savexpress.

Cynthia Ligeard : Ah ça, c'est très important aussi, parce qu'effectivement, ce sont 54 personnes qui, à la fin de cette année, vont perdre leur travail. Et donc, aujourd'hui, ça se passe vraiment dans une ambiance, dans un climat de confiance. Ils savent qu'on va pas les laisser tomber. On a commencé le travail ensemble, il y a déjà plusieurs mois, depuis octobre l'année dernière, on en a parlé, et donc, moi, je souhaite que ce capital confiance que nous avons constitué perdure et nous permette de, vraiment, régler la question au cas par cas, pour chacun d'entre eux, c'est l'engagement que j'ai pris, je l'ai réaffirmé jeudi dernier, lorsque je les ai vus. L'engagement, c'est de trouver une solution pour chacun des 54 employés de la Savexpress.

Journaliste : L'assemblée de la province s'est réunie, ce matin, Monsieur Loueckhote, vous y revenez, le budget supplémentaire, la priorité de la province, c'est aussi le logement, vous avez un mot à dire là-dessus ?

 Simon Loueckhote : Oui, absolument. Sur le budget de la province Sud, qui est un acte politique très, très fort, je considère que c'est un budget très bien monté par la province Sud. La gestion des affaires publiques par la province Sud est remarquable, je l'ai d'ailleurs voté ce matin, de même que la décision de supprimer les péages est une bonne décision de la province Sud, parce qu'une grande partie des difficultés liées à la présence des péages vont être levées. Et enfin, il y a eu un texte qui a concerné l'habitat spontané. Vous savez que la province Sud a initié, depuis quelques temps, un projet de réhabilitation de l'habitat spontané. Calédonie ensemble a, à deux reprises, fait annuler cette disposition. J'ai tenu, ce matin, à rappeler qu'au-delà des discours philosophiques que l'on peut avoir, il y a un véritable problème auquel nous sommes confrontés en Calédonie, et notamment dans les trois communes de l'agglomération et de la province Sud, et auquel il faut que l'on s'attaque. Ce sont des gens qui vivent dans des conditions les plus condamnables et à qui il faut absolument donner un certain nombre de moyens, ne serait-ce que pour avoir un peu de salubrité, avoir des conditions sanitaires adéquates pour pouvoir vivre dans des conditions meilleures. Donc, j'ai tenu à rappeler, ce matin, que combien même on pourrait construire mille, deux mille logements supplémentaires, voire davantage, le problème des squats demeurera toujours et les conditions sanitaires dans lesquelles vivent les personnes qui y sont continueront à être une véritable préoccupation pour la puissance publique.

Journaliste : Monsieur Loueckhote, merci.

 

 

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