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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Tokelau-NZélande-énergie-renouvelable-solaire

Publié le 5 Novembre 2012 par Loueckhote Simon in Société


WELLINGTON, lundi 5 novembre 2012 (Flash d’Océanie) – Le petit archipel de Tokelau, dépendance néo-zélandaise, a achevé en fin de semaine dernière la mise en place d’un ambitieux projet faisant désormais de ce petit groupe d’atolls un pionner en matière d’énergie solaire, avec près de cent pour cent de l’énergie provenant de cette source renouvelable.
Estimant que désormais, Tokelau avait atteint son objectif 100 pour 100 solaire, Murray McCully, ministre néo-zélandais des affaires étrangères, a estimé que ce projet, financé par Wellington à hauteur d’environ 7,5 millions de dollars locaux (5 millions d’euros) constituait une première mondiale.
« Jusqu’ici, Tokelau était dépendant à 100 pour 100 du diésel pour sa production d’électricité, avec les lourds coûts économiques et environnementaux que cela implique (…) Maintenant, en moyenne, les trois principaux atolls de Tokelau ont une capacité suffisante en énergie solaire pour satisfaire leurs besoins (…) Ce projet, achevé dans les temps et dans le budget, est un excellent exemple de la manière dont des petites nations du Pacifique pour se révéler des leaders dans le développement d’énergies renouvelables », a-t-il ajouté.

La mise en œuvre a été confiée à une société néo-zélandaise, Powersmart Solar.
Pour ce projet, environ quatre mille panneaux solaires ont été installés et mis en réseau.
Dès mi-août 2012, la mise en ligne de la première tranche avait permis de réduire considérablement le nombre de coupures de courant quotidiennes, dont les habitants insulaires avaient l’habitude avec l’ancien système de groupes électrogènes alimentés au diesel.
Les deux autres principaux atolls à bénéficier de l’installation de l’énergie photovoltaïque sont ceux de Nukunonu et d’Atafu (proche de la capitale).

Les groupes électrogènes engendraient jusqu’ici une facture en diesel de l’ordre d’un million de dollars néo-zélandais (660.000 euros) par an.
« Nombre de nos voisins du Pacifique dépendent de carburants fossiles onéreux pour la production de leur électricité. Et cela constitue un frein à leur développement économique. En tant que leader en matière d’énergie renouvelable, nous nous sommes engagés à soutenir la mise en service de technologies de ce genre dans notre territoire de Tokelau et dans d’autres points du Pacifique », soulignait il y a quelques semaines Murray McCully, ministre néo-zélandais des affaires étrangères.
Des projets similaires sont aussi engagés par le gouvernement néo-zélandais, dans le cadre de sa coopération avec Tonga (projet solaire inauguré fin juillet 2012, puissance nominale d’un Mégawatt), les îles Cook, Samoa et Tuvalu.

Forte de ces succès des projets de Tokelau, de Tonga et des îles Cook, la Nouvelle-Zélande prévoit d’ores et déjà d’accueillir en mars 2012 un sommet consacré à l’énergie dans le Pacifique.


À Vanuatu, en marge d’un récent sommet entre pays du groupe ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) et Union Européenne, mi-juin 2012, Andris Piebalgs, commissaire européen au développement, a signé avec le Premier ministre de Vanuatu, Sato Kilman, une contribution européenne de 2,5 millions d’euros, à un projet de mise en place d’énergies renouvelables.
Projet-phare : la mise en place d’un site de production d’électricité photovoltaïque jouxtant un site existant de ferme éolienne, à la Pointe du Diable (environs de la capitale Port-Vila).

Pour Nauru, c’est Taïwan qui a remis fin juillet aux autorités locales un chèque de 100.000 dollars US pour la mise en place d’une unité de production de 130 panneaux solaires

À Fidji, le département gouvernemental de l’énergie annonçait lundi 13 août 2012 l’achèvement de l’installation quelque 2.400 modules individuels dans la partie Nord de l’archipel, en particulier dans les villages de Cawaro, Vunikodi, Druadrua, Qaranivai et Dreketi.
Coût total de ce projet, financé par le fonds communautaire pour l’environnement océanien (Pacific Environment Community -PEC- Fund, alimenté par le Japon) : près de trois millions de dollars US.
Ce même fonds a récemment contribué à hauteur de 4 millions de dollars US à un projet photovoltaïque à Kiribati (400 Kilowatts au Sud de la capitale Tarawa).
D’une manière régionale, le Fonds japonais PEC
http://www.forumsec.org/pages.cfm/strategic-partnerships-coordination/pacific-environment-community-pec-fund.html

consacre plus de 65 millions de dollars US à des projets d’énergies renouvelables dans le Pacifique insulaire.

Fin octobre 2012, par ailleurs, le Fonds japonais PEC débloquait de nouvelles enveloppes, cette fois-ci destinées à Palau et aux îles Marshall, pour poursuivre un projet d’équipement en osmoseurs alimentés à l’énergie solaire, permettant ainsi aux collectivités de produire leur propre eau potable à partir de l’eau de mer.
L’enveloppe est de 4 millions de dollars US pour Palau et de 3 millions pour les îles Marshall.
Des projets similaires d’osmoseurs sont aussi en cours à Samoa, Tuvalu, aux îles Cook, à Nauru, aux îles Salomon, à Fidji, aux États Fédérés de Micronésie, à Kiribati et à Niue.

Lancement d’un projet d’énergie solaire à Niue financé par le Japon

Début octobre 2012, dans le cadre de ce Fonds nippon, le petit archipel de Niue a lancé la première tranche d’un projet d’électrification à partir de l’énergie photovoltaïque, dans le cadre d’un projet financé à hauteur de quatre millions de dollars.
Ce projet, d’une puissance nominale annoncée à deux cent Kilowatts, devrait permettre d’économiser, à terme, une économie annuelle de quelque 137.000 dollars néo-zélandais par an, ainsi qu’une réduction du volume de gaz à effet de serre de l’ordre de 330 tonnes par an, rapporte le Secrétariat Général du Forum des Îles du Pacifique, qui gère ce fonds nippon.
La part de production d’énergie produite à partie de sources renouvelables à Niue est actuellement estimée à environ dix pour cent du total (le reste étant toujours produit par des centrales thermiques à carburant fossile).
Niue s’est engagé à parvenir à un taux de cent pour cent d’énergies renouvelables produites à partir du solaire.


À Fidji : un programme photovoltaïque financé par la France

Début août 2012, l’Université du Pacifique Sud (USP, basée à Suva) poursuivait par ailleurs son engagement en faveur de la promotion des énergies renouvelables avec l’inauguration d’une station de recharge (alimentée par l’énergie solaire) pour voitures électriques, financé par le gouvernement français.
À l’origine de ce projet, inauguré en présence de l’ambassadeur de France à Suva, Gilles Montagnier et du Président de l’USP, Rajesh Chandra : une convention de financement du Fonds pour la Coopération Économique, Sociale, et Culturelle pour le Pacifique (Fonds Pacifique) du gouvernement.
Cette convention à hauteur de quelque quarante mille euros avait été signée entre l’USP et la France le 21 juin 2011, à l’occasion d’une visite à Fidji de l’adjoint au Secrétaire Permanent pour le Pacifique (et gestionnaire du Fonds Pacifique dédié à des programmes favorisant l’intégration régionale), Jean-Louis Maurer.
L’installation consiste en une unité de production photovoltaïque (d’une puissance nominale de 2,6 Kilowatts) permettant d’alimenter des véhicules de type cent pour cent électrique ou hybrides.
L’un des objectifs de ce projet, à terme, est d’augmenter la visibilité et la sensibilisation aux énergies renouvelables, non seulement à Suva, mais aussi dans les zones rurales de Fidji (notamment sur les îles de Vanua Levu, plus au Nord), ainsi que dans ses pays voisins, dans un contexte régional où l’accès à l’énergie demeure un défi majeur.

Le solaire aussi pour remplacer les dangereuses lampes à kérosène

En milieu rural, l’USP est appelée à faire office d’agent disséminateur et vulgarisateur de ce type de technologie, en fournissant aux communautés villageoises le matériel et l’installation, via ses étudiants et professeurs spécialisés dans cette branche.
L’outil-clé de cette sensibilisation rurale est une lampe solaire qui offre de meilleures performances en matière de luminosité, mais permet aussi d’éviter les nombreux incendies domestiques liés à l’usage des lampes à pétrole.
Les villages, en contrepartie, devraient participer aux frais de certains de ces équipements, selon un système de remboursement progressif.
« Au lieu d’acheter du kérosène, les villageois pourront ainsi faire des économies en utilisant ces éclairages solaires (…) L’USP leur fournira les lampes, et ensuite ils nous rembourseront », a précisé le Dr Atul Raturi, qui dirige l’école d’ingénierie et de physique de l’université.

Le Dr Raturi a mené courant octobre 2012 une mission à Wallis-et-Futuna pour présenter ce projet, en mode sensibilisation.

Mission de sensibilisation

Cette première unité pionnière était avant tout considérée comme une démonstration en conditions réelles, une vitrine des énergies renouvelables et propres.
L’USP se considère par ailleurs, en tant que principale université anglophone de la région insulaire, investie d’une mission de sensibilisation.
Cette institution régionale possède déjà depuis quelques années une unité « Énergies renouvelables » au sein de sa faculté de recherches, que suivent chaque année jusqu’à soixante dix étudiants venus des États insulaires océaniens.
« Nous espérons ainsi qu’ils ramèneront le message, mais aussi les compétences, chez eux, dans leurs communautés respectives », avait alors déclaré le Dr Atul Raturi.

Projet Sud-coréen

L’USP a aussi signé, début 2012, un autre accord de financement portant aussi sur la mise en place d’unités de production d’électricité à partir de l’énergie photovoltaïque.
Le 9 février 2012, l’ambassadeur Sud-coréen Hae-Wook Cheong inaugurait une unité, installée sur le campus dédié aux sciences de la mer, et financée par le fonds coréen de partenariat pour le climat à hauteur d’environ deux millions de dollars US.
Cette installation, d’une capacité nominale de 45 Kilowatts, est censée pouvoir fournir dix pour cent des besoins électrique de l’université.
Elle est reliée au réseau et considérée comme la plus puissante à ce jour dans l’archipel.
Dans le cadre de ce même projet régional, Séoul affiche son intention de financer des projets similaires dans une douzaine d’États insulaires océaniens.

Au plan régional, le Secrétariat Général de la Communauté du Pacifique (CPS, basée à Nouméa, Nouvelle-Calédonie) et l’IRENA (Agence Internationale pour les Énergies Renouvelables), via leurs deux Directeurs Généraux, Jimmie Rodgers (CPS) et Adnan Z Amin (IRENA), ont signé le 23 octobre 2012 un accord de partenariat en vue d’une approche collaborative et harmonisée sur les dossiers liés à cette problématique avec un accent particulier sur la sécurité énergétique.
Parmi les 101 membre de l’IRENA à ce jour, huit (Australie, Fidji, îles Marshall, Nauru, Nouvelle-Zélande, Palau, Samoa et Tonga) sont d’Océanie.
Kiribati, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les îles Salomon, Tuvalu et Vanuatu ont formulé une demande d’adhésion à cette nouvelle agence.

pad

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