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le blog de Simon Loueckhote

Une fenêtre sur la Nouvelle-Calédonie : politique, santé, social, éducation, francophonie, économie

Pétitionnaire, un drôle de statut …

Publié le 24 Juin 2014 par Loueckhote Simon in politique

L’ONU et ses ersatz, les commissions, les sous-commissions, les sous-sous-commissions et autres protubérances nous font tous courir vers New York. Mais à quoi servent-ils ?

En 1986, avec Goïne WAMO, élus à la Région Îles Loyauté et au Congrès du Territoire, nous nous sommes rendus à New York devant le Comite de décolonisation de l’ONU pour y faire entendre une autre voix, celle de la grande majorité des Calédoniens favorables au maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France.

L’enjeu était important. La Nouvelle-Calédonie connaissait une situation d’extrême violence. Les indépendantistes qui se sont retrouvés au sein d’une seule structure dès 1984, le FLNKS, sont très actifs sur la scène régionale. Soutenus par l’Australie, la Nouvelle-Zélande et tous les pays mélanésiens du Pacifique et par quelques pays polynésiens et micronésiens, ils ont table ouverte dans les instances internationales. Ils y sont accueillis, cornaqués. Une task force est même crée pour mieux leur venir en aide, le Groupe Mélanésien du Fer de Lance.

Ironie de l’histoire, la même année, j’avais accompagné Dick UKEIWE, pour sa création à Goroka, le chef lieu de la Province des Highlands, dans le nord de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

La Nouvelle-Calédonie ne jouissait pas encore de son statut actuel.

Le Haut-Commissaire était chef du Territoire et ainsi le représente. Aucune initiative de rapprochement culturel, sportif ou économique avec des collectivités françaises du Pacifique et encore moins avec des pays de la région, ne pouvait être envisagée par les autorités locales. C’est ainsi qu’Edgard PISANI, premier Délégué du Gouvernement en Nouvelle-Calédonie, de Wallis et Futuna et des Dépendances, nommé par Laurent FABIUS, alors Premier Ministre et au passage plus jeune Chef du Gouvernement qu’ait eu la France, conteste avec force et vigueur le protocole d’accord entre la Polynésie Française et la Nouvelle-Calédonie que Gaston FLOSSE et Dick UKEIWE, leurs Présidents respectifs avaient signé.

Le Tribunal Administratif donnera raison à l’ancien Ministre du Général de GAULLE.

Mais la détermination des Calédoniens opposés à la violence et aux exactions des indépendantistes partout dans le territoire et relayée à Paris, au Parlement et au Gouvernement par le Député, Jacques LAFLEUR et le Sénateur, Dick UKEIWE vont finir par payer.

Les élections législatives de 1986 vont créer une situation inédite en France. Pour la 1ère fois de l’histoire de la 4ème République, elle va vivre 2 années durant, suivant un nouveau régime politique, la cohabitation.
Cette alternance politique va faire prendre conscience à la France entière de l’état de non-droit que connaît une partie de son territoire national.

A l’ONU, avec l’aide de ses soutiens, le FLNKS réussit à inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée Générale, la demande d’inscription de la Nouvelle-Calédonie sur la liste « des territoires non autonomes ». On comprend vite la gêne des autorités françaises. La France s’oppose de toutes ses forces à cette initiative en défendant l’intégrité de son territoire national. Mais le cœur du « machin » semble se pencher pour cette revendication que viennent défendre les épris de je ne sais quel vent de liberté venus du Pacifique.

Jacques CHIRAC, devenu Premier Ministre, et préoccupé par la situation, va très vite prendre des mesures.

Il nomme Gaston FLOSSE, Secrétaire d’Etat aux affaires du Pacifique. Sa mission, redorer l’image de la France dans cette région du monde.

Conscient que face à des mélanésiens indépendantistes qui ont réussi à rallier à leur cause autant de pays qui veulent chasser la France du Pacifique, il faut des mélanésiens non indépendantistes pour porter la voix des hommes et des femmes qui aspirent à vivre dans la paix, la fraternité et dans la France.
C’est ainsi qu’en pleine nuit, je reçois un appel de Paris, du cabinet de Bernard PONS, Ministre de l’Outre-Mer me demandant de me tenir prêt à partir dans les meilleurs délais pour New York.

Accompagné de Goïne WAMO, je devais intervenir à l’ONU.

Les services du Haut-Commissariat de Nouvelle-Calédonie s’occupaient de toutes les formalités (billets d’avion, visas etc. …)
Cette précipitation nous a valu d’être bloqués 2 jours à Nandi, les autorités aéroportuaires de Fidji ne voulaient pas nous laisser embarquer pour les Etats- Unis, sans visas.

C’est une fois sur le sol américain que nous découvrons une des spécificités bien onusiennes, le statut de pétitionnaire. Les modalités et les conditions de notre intervention que notre Ambassadeur à l’Onu semblait, lui-même découvrir et qui ne devait durer que 3 minutes, non pas d’une tribune mais de notre place dans un vaste amphithéâtre, nous étaient précisées par son 1er Conseiller.
J'eu l'immense honneur de parler au nom des Français de cette terre du bout du monde. Je fus même très applaudis. Pour autant, je ne fus pas entendu. C'est cette année là que la Nouvelle-Calédonie fut inscrite sur la liste "des territoires non autonomes" communément appelée liste "des pays à décoloniser".

Ce voyage fut riche d’enseignements pour Goïne WAMO et moi. Il nous a permis de découvrir New York en ce Dimanche ensoleillé grâce à une calédonienne y vivant et qui se fit un plaisir de nous faire découvrir son environnement quotidien puis le Gospel dans un lieu de culte bondé de Noirs Américains toutes et tous sur leurs 31.

Enfin, le siège de l’organisation mondiale, ses couloirs où on s’attarde peu, ses immenses baies vitrées blindées, ses contrôles, ses policiers … et la Résidence de l’Ambassadeur de France où notre hôte nous convia à dîner avec le Sénateur Dick UKEIWE qui est arrivé de paris pour y parler et représenter la France.


 

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