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Ciotti, Sarko, Morano : le petit business de la droite dure

Publié le 13 Septembre 2016 par Loueckhote Simon in Politique

Publié Par Frédéric Mas, le dans Politique

Par Frédéric Mas.

Ciotti, Sarko, Morano : le petit business de la droite dure

Eric Ciotti crédits UMP photos (CC BY-NC-ND 2.0)

La campagne présidentielle française bat son plein, et les attaques entre droite et gauche se multiplient sur fond de terrorisme, de chômage, de Pokémon et de burkinis. Ainsi Éric Ciotti, le porte-parole de Nicolas Sarkozy, s’en est pris ce mercredi au président de la république pour son attitude face au terroriste, accusant le chef de l’État d’instrumentaliser la situation à des fins électorales.

L’accusation est forte, et l’élu s’indigne des propos de François Hollande rapportés par Julien Dray dans Le premier secrétaire de la république : « Les attentats, c’est la seule fois où j’ai eu la paix. Je dirigeais la France sans être obligé de me demander si ma majorité allait me planter un couteau dans le dos ».

S’il est tout à fait légitime de s’interroger sur les actions de nos dirigeants qui, parce qu’elles sont politiques, ne sont jamais dénuées d’arrière-pensées (on le sait au moins depuis Machiavel, et la loi Renseignement tout comme les couacs de l’état d’urgence sont là pour nous le rappeler sans cesse), on peut tout de même se demander si M. Ciotti ne se moque pas un peu du monde.

Éric Ciotti et la surenchère sécuritaire

Cela fait maintenant un certain temps que M. Ciotti et un certain nombre de ses collègues de droite ont fait de l’immigration, de la sécurité et du terrorisme leur niche électorale particulière. Plus exactement, sur ces trois thèmes, la seule technique médiatique et politique qu’ils semblent capables de soutenir se réduit à la surenchère sécuritaire, c’est-à-dire se placer toujours plus à droite sur l’échiquier politique pour exister médiatiquement, sans trop se soucier ni de la réalité, ni des atteintes portées aux libertés fondamentales. Plus à droite en France ne signifie pas plus d’implication des citoyens dans leur propre sécurité ou encore une réflexion sur une politique pénale adaptée aux circonstances du moment, mais bel et bien d’appuyer toujours sur les mêmes boutons : plus de pouvoirs aux politiques, plus de policiers, l’armée partout dans les rues et des libertés publiques sous surveillance, pénalisant ainsi essentiellement le citoyen ordinaire.

Éric Ciotti et l’état d’urgence

Ainsi, M. Ciotti s’était particulièrement illustré au moment du débat sur l’état d’urgence, reprochant à l’exécutif sa tiédeur et son trop grand attachement à l’État de droit face aux possibles attaques terroristes. Nicolas Sarkozy, candidat qu’il soutient aux primaires des Républicains, a quant à lui eu l’occasion de dire ce qu’il pensait de l’État de droit en les réduisant à des « arguties juridiques ». Ce mépris pour l’esprit du constitutionnalisme libéral est sans doute tout aussi inquiétant pour nous que la pusillanimité de la gauche. Rien ne garantit qu’une fois au pouvoir ils ne s’emploient pas à user et à abuser d’un pouvoir s’exerçant à la fois contre les criminels et les honnêtes gens.

Voir certains représentants de la droite « dure », ceux-là même qui surfent sur la vague d’émotion suscitée par les attentats, reprocher à François Hollande son cynisme tactique, c’est donc l’hôpital qui se fiche de la charité.

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