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Simon Loueckhote combat le gel ce matin au Sénat

Publié le 17 Janvier 2007 par Loueckhote Simon in Politique


Simon Loueckhote : « Ce que nous avons négocié et signé n’est pas le gel du corps électoral ».

Le projet de loi constitutionnelle visant à geler le corps électoral calédonien sera examiné aujourd'hui par le Sénat. Un texte contre lequel le sénateur Simon Loueckhote compte se battre. Il va demander le renvoi du texte et déposer cinq amendements.
Les Nouvelles calédoniennes : Dans quel état d'esprit êtes-vous à la veille de l'examen du projet de loi sur le gel du corps électoral par le Sénat ? Simon Loueckhote : J'ai préparé un discours qui va dans le sens de la majorité des Calédoniens. Je me bats pour deux raisons : ce texte exclut les Français qui viennent s'installer en Nouvelle-Calédonie et, je persiste et signe, ce que nous avons négocié et signé n'est pas le gel du corps électoral.
LNC : Pourtant, les deux rapporteurs des commissions des lois de l'Assemblée nationale et du Sénat disent que ce qui ressort des travaux préparatoires à la loi organique du 19 mars 1999 n'est pas le corps électoral glissant… S.M. : Ils font une lecture entre les lignes. Ils craignent de nouveaux problèmes en Nouvelle-Calédonie parce que le FLNKS a brandi la menace de la reprise d'événements. Et au-delà de l'interprétation que font les rapporteurs, il y a la volonté de se ranger derrière le président de la République.
LN C : Vous avez obtenu vingt-cinq signataires à votre demande de renvoi du texte. L'UMP apparaît donc toujours divisée. S.M. : Par cette demande, j'essayerai de faire renvoyer le texte. Je rappelle que l'UMP n'a pas encore donné de position officielle. Michel Diefenbacher, responsable de l'outre-mer, a simplement exprimé sa position personnelle. Je pense que ce texte fait partie des accords passés entre le président de l'UMP et le président de la République. Nicolas Sarkozy a dû s'engager à ne pas entraver le processus d'examen.
LNC : Vous pensez que si Nicolas Sarkozy était président de la République , le gel du corps électoral ne passerait pas ? S.M. : Je le crois effectivement. Je ne pense pas qu'il corresponde à sa philosophie. En fait, le président de l'UMP n'a pas voulu s'opposer frontalement au chef de l'Etat sur ce texte.
LNC : Votre intervention sera donc similaire à celles de Jacques Lafleur et Pierre Frogier à l'Assemblée nationale ? S.M. : Elle sera légèrement différente. Je vais parler de la philosophie kanak. Le Kanak a toujours été d'une grande hospitalité. Vouloir exclure n'est pas conforme à sa personnalité.
LNC : Le corps électoral figé va réduire, par rapport à la liste de 2006, de 0,5 % le nombre de votants en 2009, de 3,4 % en 2014 et de 6 % en 2019. Ce n'est pas énorme… S.M. : Oui, mais il va y avoir une bataille de chiffres. Les miens sont plus alarmistes. Je conteste les chiffres. Il est clair que les équilibres, dans un cas comme dans l'autre, ne changeront pas. Mais sur le principe, l'exclusion n'est pas possible et ce n'est pas ce que nous avons négocié.
LNC : Vous avez rencontré le président de la République début décembre et il se dit qu'il vous a téléphoné ces derniers jours pour vous modérer… S.M. : Je l'ai eu au téléphone. Il m'a convaincu de ne pas faire un discours en opposition totale avec lui. Je resterai « soft ». Mais mon opposition sera quand même affirmée. J'ai été surpris qu'il annonce le Congrès. En décembre, il m'avait dit qu'il n'y en aurait pas. Je pense qu'à ce moment-là, il n'avait pas tous les éléments. Il n'était pas sûr que les deux autres textes, sur le statut pénal du chef de l'Etat et la peine de mort, passent. Il a négocié avec Nicolas Sarkozy et a trouvé l'opportunité d'inscrire ces textes.
LNC : Allez-vous déposer des amendements au projet ? S.M. : Oui, cinq. D'abord pour que les Calédoniens soient consultés. C'est comme cela que nous avons procédé en 1988. La Constitution a été révisée en juillet et les Calédoniens ont été consultés en novembre. Je veux aussi qu'il soit précisé dans la Constitution que la Nouvelle-Calédonie est bien une collectivité territoriale de la République. Un autre amendement tend à préciser que le corps électoral ne vaut que pour la période de l'accord de Nouméa. Je propose également que chaque province définisse elle-même son corps électoral. Le dernier doit permettre aux époux de Calédoniens de bénéficier automatiquement du droit de vote.
LNC : Si le texte passe, allez-vous garder votre carte de l'UMP ? S.M. : Je n'ai pas dit ça. J'ai dit que le président de la République me l'a demandé, que le président du Sénat en a fait autant. Le président de l'Assemblée nationale m'a conseillé de bien réfléchir. Je reste maître de ma décision. Je ne l'ai pas encore prise. Mais, après le Congrès de dimanche, ce sera difficile. Je suis subjugué par le personnage Sarkozy. C'était impressionnant.


Source : les Nouvelles-Calédoniennes / Politique
Article du 17.01.2007
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